Bélarus : une nouvelle tactique des manifestants.

Bienvenue dans la treizième édition de la newsletter de la communauté “Bélarusses à Paris”.

Dans cette édition:

Hier, pour le 106e jour et le 15e week-end consécutif, les citoyens sont descendus dans les rues de Minsk et dans d'autres villes du Bélarus.



Compte tenu de la montée des violences policières ces dernières semaines, le mouvement de protestation a été contraint de changer de tactique. Et cela a fonctionné. Plus de 30 rassemblements ont eu lieu à Minsk, et des dizaines dans les régions. Pour la première fois, les gens se sont rassemblés non pas dans le centre ville mais dans leurs propres quartiers, puis ont défilé en empruntant des itinéraires différents.

Comme d'habitude, les hommes de main de Loukachenka ont recouru à la violence, y compris des grenades éclair. Beaucoup de manifestants ont été sévèrement battus : y compris cette fille qui voulait simplement protéger un homme qui était en train de se faire battre.

En même temps, la police était visiblement désorientée et trop éparpillée pour pouvoir disperser les manifestations. Les gens ont également fait preuve d'une confiance et d'un courage croissants : par exemple, en chassant la police de leur quartier, certaines personnes ont scandé que "la protestation ne s'éteindra que lorsque la dictature sera morte". Le nombre de personnes détenues (presque 400) a également été réduit comparé aux dernières semaines.



Pendant ce temps :

Le leader de l'opposition, Svetlana Tikhanovskaïa, a demandé que les forces de sécurité bélarusses soient déclarées comme "terroristes". "Comme la Direction principale de la lutte contre le crime organisé et la corruption du ministère de l'intérieur bélarusse et OMON se sont transformés en bandes criminelles, nous entamons la procédure de reconnaissance de ces organisations comme extrémistes ou terroristes", a-t-elle déclaré après avoir rencontré Stef Blok, le ministre néerlandais des affaires étrangères, vendredi dernier.

Une procédure pénale a été ouverte contre le médecin qui a déclaré que Raman Bandarenka (un manifestant tué par la police lors de son arrestation) était sobre. Ceci contredit les affirmations des autorités de l'Etat et de Loukachenko lui-même qui disaient que Bandarenka était ivre. Le médecin a envoyé le certificat médical aux journalistes et a ensuite été détenu pour violation du secret médical (même si une telle affaire ne peut être engagée qu'à la demande des proches, qui n'ont pas protesté contre la diffusion de cette information).

Pour en savoir plus sur le rôle des médecins dans les manifestations au Bélarus, consultez notre récent sujet du jour.

Nous continuons une campagne de crowdfunding pour l’exposition de l'art bélarusse engagé, qui se tiendra du 15 au 27 décembre dans la résidence artistique 59 Rivoli à Paris.

Pour réaliser ce projet, nous avons déjà trouvé et préparé :

Cependant, les moyens dont dispose actuellement notre association ne sont pas suffisants pour couvrir la totalité des dépenses prévues.

Vous pouvez consulter ici le site web de l'exposition.

Ensemble, nous y parviendrons ! Жыве Беларусь !

"Les sportifs sur la ligne opposée". Depuis le scrutin contesté du 9 août, nombre d’athlètes ont cessé de soutenir le président Loukachenko, raconte Ania Nowak, envoyée spéciale de La Libération à Minsk.

“Harcelée pour une affiche”. Dans un nouvel épisode de sa “chronique d'une révolution”, correspondante de l’ARTE, Kseniya Halubovich, raconte comment une jeune femme a été perquisitionnée à cause d'une affiche qu'elle portait dans le métro.

“Des milliers de Bélarusses aux funérailles d’un opposant mort au lendemain de son arrestation”, raconte Le Monde avec AFP.

“Le clivage de classe se dessine”, s'inquiète Anna Colin Lebedev (Université Paris Nanterre) dans un thread sur Twitter à propos de la composition sociale du mouvement de protestation contre Loukachenko.

Nous vous encourageons également à explorer le site web de Voice of Belarus qui est maintenant disponible en français.

Cette newsletter a été réalisée par Alisa Syrakvash, Lena Zerka et Macha Shumava. Le design graphique a été exécuté par Fiodar Kuleunich. N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez contribuer ou soutenir notre association !

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