Tikhanovskaïa annonce le Tribunal du peuple

Bienvenue dans la onzième édition de la newsletter de la communauté Bélarusse de Paris.

Nous sommes honorés de pouvoir compter sur tant d'amis du Bélarus en France dans les moments difficiles que vit aujourd'hui notre pays.

Dans cette édition:

“Si nous, le peuple du Bélarus, ne traduisons pas les criminels de notre pays en justice, personne ne le fera”, a affirmé Sviatlana Tikhanovskaïa dans une déclaration publiée vendredi dernier.

Elle a annoncé la création d'un "Tribunal du peuple" et l’amnistie pour ceux qui captureraient le président usurpateur Alexandre Loukachenko et les membres de son groupe terroriste d'État.



Elle a déclaré que Loukachenko et ses complices sont "une organisation terroriste qui doit être tenue responsable de ses crimes". Elle a aussi clarifié que son équipe internationale travaillait déjà pour obtenir la reconnaissance officielle de Loukachenko et de son cercle le plus proche comme groupe terroriste, et à les poursuivre en justice devant des tribunaux de juridiction universelle.

Mme Tikhanovskaïa a précisé que son équipe était déjà en train de rassembler et de vérifier les preuves des crimes du régime. Les Bélarusses ordinaires soumettent ces preuves par le biais des plateformes Zubr et Golos.

Pour les forces de l'ordre et le personnel militaire, une plateforme séparée sera créée, leur permettant de fournir, de manière confidentielle et sécurisée, des vidéos et d’autres preuves de l'exécution d'ordres criminels. "Quiconque le fait peut compter sur une amnistie ou une dérogation à la responsabilité pénale sous ma garantie", a-t-elle souligné.

Le Tribunal populaire est destiné à permettre, dans les cinq prochaines semaines,  un procès national équitable des auteurs de violences. "Sur la plate-forme Golos, nous mènerons le processus de poursuite populaire sur la base de documents recueillis par un système d'enregistrement et de confirmation des preuves des crimes", a expliqué Mme Tikhanovskaïa. "Chaque Bélarusse pourra voter pour la poursuite des suspects".

Et "si la majorité vote pour que ces personnes soient traduites en justice, alors, en vertu de l'article 109 du code pénal, tout citoyen a le droit de saisir et d'amener de force aux autorités une personne prise en train de commettre un crime ou de tenter de s'échapper après l'avoir commis. Cela s'applique non seulement à Alexandre Loukachenko, mais aussi à tous ceux dont le peuple sera témoin des crimes", a expliqué Mme Tikhanovskaïa. "L'aide à la capture des principaux criminels sera récompensée par une amnistie ou une sérieuse atténuation de la responsabilité des crimes antérieurs", a-t-elle promis.

Selon M. Tikhanovskaïa, ce plan a deux objectifs :

"Le temps où l'on pouvait tuer des gens avec la certitude que rien ne se passerait en retour est passé", a-t-elle annoncé. "Désormais, le peuple bélarusse est le garant de la loi".

Avec cette annonce, Tikhanovskaïa a fixé le 20 décembre comme une nouvelle date de référence pour les efforts des manifestants visant à traduire Loukachenko en justice, à libérer les prisonniers politiques, à mettre fin à la violence et à organiser une élection présidentielle libre et équitable. Plus important encore, cela fixe une nouvelle date limite pour les policiers et les agents de sécurité qui pourraient décider de se mettre enfin du côté du peuple.

Selon les informations de la fondation BySOL, 461 agents des forces de l'ordre ont déposé une demande auprès de la fondation au cours des trois mois qui se sont écoulés depuis le début des manifestations. Le fonds pense que le nombre réel de ceux qui ont quitté leur emploi est beaucoup plus élevé.



Pendant ce temps-là:

Hier, les Bélarusses sont retournés dans la rue - pour le 99ème jour consécutif - malgré les menaces du régime d'utiliser des armes létales. À Minsk, les gens se sont rassemblés à plusieurs endroits différents : notamment sur la place des changements où Raman Bandarenka a été assassiné jeudi dernier.

La police s'est comportée avec brutalité et un net sentiment d'impunité, lançant des grenades assourdissantes directement dans la foule et battant les manifestants pacifiques de manière arbitraire. Ils ont été particulièrement violents après les manifestations, chassant les manifestants dans les magasins, sur le chemin du retour et dans les appartements privés.

En une seule journée, au moins 1,127 personnes ont été arrêtées dans tout le pays. Une mobilisation croissante des manifestants est perceptible dans d'autres villes, comme Brest, Grodno, Mogilev, Polotsk, Zhodzina, et plusieurs autres.

“N'oublions pas le Bélarus”, insiste Frédéric Petit (député MoDem) dans la tribune du Journal de Dimanche

“Au centième jour, après avoir sans ambiguïté condamné le régime, nous devons aller au-delà des seules sanctions individuelles et nous engager de façon plus déterminée dans le soutien à nos voisins : reconnaissance et protection de l'opposition, échanges et formation de la société civile, visas pour les familles d'exilés et les étudiants, par exemple”, explique M. Petit.

“En cent jours, les Bélarusses nous ont rappelé qu'ils existaient. Le froid, le Covid, la fatigue commencent à les marquer, ne les oublions pas. Ne les oublions plus”, il conclut.

C'est un message fort adressé non seulement au peuple français mais aussi au gouvernement qui, avec la rencontre d'Emmanuel Macron avec Sviatlana Tikhanovskaïa en septembre dernier, s'est engagé à soutenir les manifestants bélarusses - mais depuis lors n'a pas fait preuve d’une véritable initiative.

“La violence gagne encore du terrain”, relate Kseniya Halubovich dans son dernier épisode de la Chronique d'une révolution.

"l'UE menace d'imposer de nouvelles sanctions", écrit L’Express avec l’AFP.

"L’annonce de la mort du jeune homme a provoqué une très vive émotion au Bélarus", explique Thomas d'Istria dans Le Monde.

Nous vous encourageons également à explorer le site web de Voice of Belarus qui est maintenant disponible aussi en français. Vous pouvez y retrouver la traduction du discours de Svetlana Tikhanovskaïa dans lequel elle a consacré en héros national Raman Bandarenka, décédé après être battu par des agents de police, et a appelé à continuer la contestation.

Cette newsletter a été réalisée par Alisa Syrakvash, Lena Zerka et Sara Madrigal. Le design graphique a été exécuté par Fiodar Kuleunich. N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez contribuer ou soutenir notre association !

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