Le Bélarus : Tikhanovskaïa "à Paris"

Bienvenue dans la vingt-cinquième édition de la newsletter de la communauté des Bélarusses à Paris.

Dans cette édition:

Svetlana Tikhanovskaïa ne s'est pas encore rendue en France en tant que leader du Bélarus démocratique. Toutefois, la semaine prochaine, elle prendra la parole au cours d’un événement en ligne organisé par un think tank basé à Paris en présence du ministre des affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, ainsi que de ses homologues polonais, lituanien, et roumain.

Il s’agit d'un événement de haut niveau offrant au gouvernement français une parfaite occasion de montrer que les mots de soutien d'Emmanuel Macron, prononcés lors de sa rencontre avec Mme Tikhanovskaïa à Vilnius en septembre dernier, n’ont pas été prononcés dans l’air.

L'objectif de cet événement est de discuter de la politique de l'UE à l'égard du Belarus,

près de six mois après le début des protestations déclenchées par les résultats électoraux truqués ainsi que par un recours sans précédent à la violence du régime d'Alexandre Loukachenko. L'Europe a réagi par des sanctions, toutefois, la plupart des manifestants et des membres de l'opposition considèrent ces mesures insuffisantes.

L'événement organisé par le Conseil européen pour les relations internationales (ECFR) se tiendra le mercredi 27 janvier de 9h30 à 11h30 CET.

Voici l'ordre du jour et le lien pour s'inscrire. La discussion aura lieu en anglais via Zoom.



Avant cela :

Ce vendredi, Mme Tikhanovskaïa s'adressera au Conseil de sécurité des Nations unies. Elle tiendra une réunion en ligne sur la liberté des médias au Bélarus à l'initiative de trois membres permanents (États-Unis, Royaume-Uni, France) et de trois membres non permanents du Conseil de sécurité (Estonie, Irlande, Norvège).

Sur sa chaîne Telegram, Mme Tikhanovskaïa a expliqué qu'au cours de la réunion

elle attirerait l'attention sur le cas d'Igor Losik, qui avait entamé une grève de la faim il y a plus d'un mois,

et qu’elle évoquerait également le cas des autres journalistes.

Mme Tikhanovskaïa prévoit également de soulever la question sur l'enquête internationale des crimes du régime de Loukachenko et de discuter de la possibilité de convoquer une session formelle du Conseil de sécurité des Nations unies pour traiter la crise au Bélarus.

Ceci est particulièrement important car (comme nous l'avons expliqué dans l'une des précédentes éditions de cette newsletter) le Conseil de sécurité de l'ONU est l'un des rares organismes ayant le pouvoir d’ouvrir une enquête criminelle internationale contre le régime de Loukachenko. Même si une telle initiative devait se heurter au veto de la Chine et de la Russie (comme l’on peut s'y attendre), le simple fait de discuter des événements bélarusses à un niveau aussi élevé mettrait davantage de pression sur le régime de Minsk.

En attendant :

La Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF) a refusé au Bélarus d'accueillir le championnat du monde de hockey sur glace. Le 18 janvier dernier, les membres du Conseil de l’IIHF ont pris la décision finale sur le retrait du Championnat du monde 2021 du Bélarus, rapporte le site officiel de l'organisation.

« Il est actuellement impossible d'assurer le bien-être des équipes, des spectateurs et des officiels pendant le Championnat du monde au Bélarus » ,

a déclaré la Fédération dans un communiqué. Le tournoi devait se dérouler à Riga et à Minsk entre le 21 mai et le 6 juin 2021.

Cela représente un coup dur pour Loukachenko et une victoire pour la société civile et l'opposition bélarusse qui plaidaient pour le transfert du championnat dans un autre pays.

Les voix critiques de plusieurs nations de hockey (la Suède, le Danemark, l'Allemagne, la République tchèque, la Norvège, la Finlande et la Lettonie) se sont avérées très utiles, tout comme la décision de certains sponsors (Nivea, Skoda, Liqui Moly) de se retirer du sponsoring de l'événement.



Au final :

Les nouvelles révélations, publiées par l'initiative BYPOL qui rassemble des représentants indépendants des forces de l'ordre (anciens enquêteurs, procureurs, juges) :

L'actuel vice-ministre des Affaires intérieures, colonel de la police, Mikalaï Karpiankow, anciennement chef de la Direction principale de la lutte contre la criminalité organisée et la corruption (GUBOPiK du Ministère de l'Intérieur) a annoncé son intention de créer au Bélarus un camp pour les prisonniers politiques.

En octobre 2020, Karpiankow a tenu une réunion d'adieu où le personnel de la GUBOPiK du ministère de l'Intérieur était présent. Lors de cette réunion, le colonel a annoncé de nouveaux moyens spéciaux mis en service, des moyens ayant un grand pouvoir traumatisant à pratiquer à l’encontre des citoyens. Il a également approuvé le recours aux armes à feu :

« Le moment est venu où aucun employé des autorités, même, semble-t-il, un policier anti-émeute, ne devrait intervenir sur la dispersion d’émeutes sans avoir une arme à feu sur lui. Un nouveau temps est venu. »

Karpiankow a assuré à ses subordonnés qu'Alexandre Loukachenko garantirait personnellement l'impunité en cas d'utilisation d'armes ou d’autres moyens spéciaux :

« Nous sommes couverts par le chef de l’Etat dans tous les cas d’utilisation d’armes. »

Karpiankow a également parlé des projets de Loukachenko dont celui de créer un camp spécial pour l’expulsion sans limite de durée des personnes ayant participé à plusieurs reprises à des actions de protestation (le camp devrait être créé sur la base d’une colonie pénitentiaire).

BYPOL a publié une transcription complète de l'enregistrement audio de Karpiankow dont l'authenticité a déjà été confirmée par des experts.

Notre association organisera une manifestation à Paris ce samedi pour exprimer sa solidarité avec les 189 prisonniers politiques au Bélarus. La rencontre débutera à 14h au Trocadéro.

Une heure plus tard, un autre événement commencera au même endroit au cours duquel la diaspora russe protestera contre la détention d'Alexey Navalny.

Nous vous encourageons vivement à prendre part à ces deux événements !

Au Bélarus, « une société nouvelle est en train de naître dans les quartiers ». Reportage d’Ania Nowak depuis Minsk dans La Liberation.

L'organisation du Mondial de hockey retirée au Bélarus, écrit L’Equipe.

2020 risque de n'avoir été qu'un avant-goût de 2021: un nouveau chapitre de la chronique d'une révolution par Kseniya Halubovich dans l’ARTE.TV

Cette newsletter a été réalisée par Alisa Syrakvash et Lena Zerka. Le design graphique est l’œuvre de Fiodar Kuleunich. N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez contribuer ou soutenir notre association !

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