Le Bélarus : la victoire d'ici mai ?

Bienvenue dans la vingt-huitième édition de la newsletter de la communauté des Bélarusses à Paris.

Dans cette édition:      

Dimanche dernier, six mois se sont écoulés depuis la frauduleuse élection présidentielle au Bélarus, qui a donné lieu à des protestations massives et à leur violente répression par le régime d'Alexandre Loukachenko. Comme nous l’avons remarqué la dernière fois, le Belarus se trouve actuellement dans une impasse où aucune des deux parties n'a de mouvement en réserve pour vaincre son adversaire.

C’est justement pour sortir de cette impasse que Svetlana Tikhanovskaïa vient d’annoncer une feuille de route pour la victoire.

par @lilia_kvatsabaya


Cette strategie :

Le plan fixe également le calendrier du processus qui conduira aux négociations :


En attendant :

Chatham House, un think-tank britannique, vient de publier les résultats d'une troisième vague de son sondage d'opinion réalisé au Bélarus à la mi-janvier.

Le sondage prouve, une fois de plus, que Tikhanovskaïa aurait dû être annoncée comme le vainqueur de l'élection présidentielle de l'année dernière. Il montre également que Loukachenko ne peut actuellement pas compter sur le soutien de plus d'un quart de la population.

Dans le cas d'une nouvelle élection présidentielle au Bélarus,

Viktar Babaryka (actuellement prisonnier politique) aurait les meilleures chances de réconcilier les différentes parties de la société bélarusse.

De plus :


A ce propos :

Amnesty International exprime son inquiétude quant au fait que les autorités bélarusses recourent aux menaces, au harcèlement et aux poursuites contre les enfants dans une tentative de plus en plus désespérée de réprimer la dissidence.



En attendant :

La persécution des journalistes s'est également intensifiée au Bélarus.

Cette semaine, le procès a commencé contre deux journalistes de la chaîne de télévision Belsat, Katsiaryna Andreïeva et Daryia Tchoultsova. Elles risquent jusqu'à 3 ans de prison.

Le 15 novembre, Andreïeva et Tchoultsova ont été arrêtées après une retransmission en direct et une couverture de la dispersion violente de manifestants pacifiques qui s’étaient rassemblés sur la « Place des Changements » à Minsk pour honorer la mémoire de Raman Bandarenka.

Les États-Unis, entre autres, et plusieurs organisations de défense des droits de l’ homme dans le monde entier jugent scandaleuses les accusations portées contre les journalistes.


Et où en est le gouvernement français ?

Il y a deux semaines, Jean-Yves Le Drian en a surpris plus d'un en déclarant que la France allait renforcer son soutien financier à la société civile bélarusse.

Ce soutien à la société civile est aussi le sens de la présence de notre ambassadeur à Minsk, qui a pris récemment ces fonctions,

a-t’il précisé.

On sait peu de choses, jusqu'à présent, sur les actions concrètes menées par la diplomatie française.

Mais même si elles font défaut, il est tout de même bienvenu que le Quai d'Orsay ait, au moins, modifié son discours sur la question. La semaine dernière, le nouvel ambassadeur de France à Minsk a rencontré un député du Ministère des Affaires Etrangères de Bélarus. Selon une communication officielle :

L'ambassadeur a indiqué qu'une reprise du dialogue au niveau de celui existant entre l'Union européenne et la Biélorussie (sic !) avant les événements d'août 2020 ne sera possible qu'en cas de fin des violences, de libération de tous les prisonniers politiques et de mise en place d'un dialogue politique inclusif menant à l'organisation de nouvelles élections. La nécessité d'un retour des ambassadeurs de Pologne et de Lithuanie à Minsk et des ambassadeurs de Biélorussie à Varsovie et Vilnius a également été abordée.

Une déclaration de ressources accrues consacrées au soutien de la société civile bélarusse a également été réitérée par le ministre Franck Riester lors de son intervention à l'Assemblée Nationale cette semaine. En espérant que le Quai d'Orsay trouvera le temps de fournir plus de détails avant la victoire attendue d'un Bélarus démocratique en mai.

Le week-end dernier, à l'occasion de la Journée Mondiale de Solidarité avec le Bélarus, annoncée par Svetlana Tikhanovskaïa, les Bélarusses de France ont manifesté dans neuf villes françaises :

La Rochelle, Bordeaux, Lyon, Paris, Nice, Grenoble, Marseille, Strasbourg, et Annecy.




Pour commémorer six mois de protestations au Bélarus, les autorités de Clermont-Ferrand ont déployé un drapeau du Bélarus démocratique sur le bâtiment de l'opéra.

À son tour, la mairie de Strasbourg a illuminé son bâtiment en blanc, rouge et blanc.

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Cette newsletter a été réalisée par Alisa Syrakvash et Lena Zerka. Le design graphique est l’œuvre de Fiodar Kuleunich. N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez contribuer ou soutenir notre association !