Bélarus: Offensive brutale du régime de Loukachenko

Bienvenue dans la dixième édition de la newsletter de la communauté Bélarusse de Paris.

Nous sommes honorés de pouvoir compter sur tant d'amis du Bélarus en France dans les moments difficiles que vit aujourd'hui notre pays. Compte tenu de la répression accentuée envers les manifestants cette semaine, la solidarité et l'aide internationale sont plus importantes que jamais.

Dans cette édition:

À l'approche du 14e week-end consécutif de manifestations pacifiques au Bélarus, le mouvement de protestation est confronté à des questions difficiles sur sa future stratégie d'action face à une répression renforcée par le régime d'Alexandre Loukachenko.



Hier, les manifestations au Bélarus ont connu une autre victime mortelle. Raman Bandarenka (31 ans), un leader communautaire dans l'une des zones de protestation les plus dynamiques de Minsk, est mort à l'hôpital après avoir été violemment battu la nuit précédente par des forces de sécurité non identifiées. Il a été attaqué près de son domicile lorsque des hommes en noir sont arrivés pour disperser une réunion de résidents. Il a été transporté à l'hôpital avec le crâne fêlé une heure et demie après avoir été emmené dans une camionnette par ses agresseurs.



Une minute de silence a été observée hier sur la "Place des changements" de son quartier; quelqu'un a écrit "Nous ne pardonnerons pas la mort de Roman" sur un mur.



Il s'agit de la septième victime officiellement confirmée des manifestations - bien que de nombreuses autres personnes sont portées disparues ou décédées dans des circonstances peu claires depuis les élections. C'est aussi la preuve d'une brutalité croissante des forces de sécurité qui tentent clairement d'intimider les manifestants.



En attendant, des rumeurs évoquent une tentative de Loukachenko de renforcer le code pénal. Un projet de proposition de loi punirait les manifestants de plusieurs années de prison pour insulte à  un officier de police ou pour avoir résisté à une arrestation (actuellement, ces infractions n’entraînent que jusqu'à 15 jours de prison). Toute violence contre la police serait poursuivie comme une affaire de meurtre, et pourrait donc même conduire à la peine de mort.



Comme nous l'avions déjà signalé il y a une semaine, et comme le rapporte Amnesty International, les manifestants ordinaires sont déjà confrontés à des poursuites pénales (et non plus administratives), et risquent jusqu'à trois ans de prison. Cependant, si des modifications sont apportées au code pénal, ils risqueraient des peines encore plus longues. Ainsi, le régime tente d'intimider les manifestants et de criminaliser leur mouvement. Lors des manifestations précédentes, la police a usé de violence de manière très arbitraire, obligeant les manifestants à se défendre, ce qui pourrait facilement être qualifié de crime contre la police, punissable par la loi.


L'aide financière aux manifestants bélarusses a été paralysée après que les comptes des bénéficiaires aient été bloqués cette semaine (et l'argent saisi) à la demande des enquêteurs de l'État. Les fonds étaient censés aider les personnes ayant participé à des grèves d'usine, ainsi que les victimes de la répression et leurs familles.

Avec cela, Loukachenko tente de détruire le moral des ouvriers d'usine qui seraient prêts à faire grève, malgré les licenciements, les intimidations et les détentions.

Il existe cependant d'autres moyens fiables de soutenir les Bélarusses : par exemple IneedHelpBy qui commande des courses pour les grévistes, les manifestants et leurs familles - au lieu de leur envoyer directement l'argent.

Nous saluons l'initiative de M. Frédéric Petit, membre de l'Assemblée nationale, de simplifier la procédure d'obtention de visa pour les Bélarusses désireux d'arriver en France, et de l'adapter aux nouvelles circonstances diplomatiques et humanitaires créées par la crise au Bélarus.

Voici la lettre de M. Petit aux ministres Jean-Yves le Drian et Gérald Darmanin.


#AiderBelarus

Notre diaspora a envoyé une aide pour les réfugiés politiques du Bélarus qui se trouvent dans des camps de réfugiés en Pologne, y compris 16 cartons avec des vêtements chauds, des produits alimentaires, ainsi que des téléphones et des ordinateurs portables (une grande partie des réfugiés sont des étudiants).

Un grand merci à tous ceux qui ont participé à la préparation de la livraison - et à tous les donateurs !

Vous pouvez toujours effectuer un transfert d'argent pour les Bélarusses qui se trouvent dans le camp près de Torun. Jusqu'à présent, nous avons collecté près de 700 euros.

Si vous voulez aider, contactez-nous (belarusenfrance@gmail.com) et nous vous donnerons le numéro de compte bancaire.

“Le mouvement de protestation au Bélarus cherche de nouveaux modes d’action”, écrit La Croix.

“La première centrale nucléaire bélarusse stoppée juste après son inauguration”, une émission de France Culture.

“L'arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche pourrait entraîner une plus grande sévérité de la communauté internationale contre Alexandre Loukachenko”, estime le journal belge L’Echo.

Nous vous encourageons également à explorer le site web de Voice of Belarus qui est maintenant disponible aussi en français.

Cette newsletter a été réalisée par Alisa Syrakvash, Lena Zerka et Ioanna Kosmas. Le design graphique a été exécuté par Fiodar Kuleunich. N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez contribuer, soutenir ou rejoindre notre association !

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