Bélarus: les médecins en première ligne du combat

Bienvenue dans la douzième édition de la newsletter de la communauté Bélarusse de Paris.

Dans cette édition :



Étudiants, femmes, journalistes, ouvriers d'usine - leur rôle dans les manifestations bélarusses a été largement décrit dans les médias internationaux. Pas tant celui des médecins, des infirmières et des travailleurs hospitaliers qui ont néanmoins joué un rôle crucial à chaque étape de la révolution bélarusse.

Ils sont maintenant sur le devant de la scène dans le contexte d'une montée des répressions de l'État et des nouvelles infections à Covid19, ainsi que leur nouvel ultimatum récemment annoncé.

Il ne suffit jamais de se rappeler que les bases des protestations bélarusses ont été jetées au printemps 2020, lorsque - en l'absence de réaction du gouvernement à l'épidémie de Covid19 - les citoyens se sont organisés pour soutenir les médecins, les équipant du matériel de protection, des gants et des masques nécessaires. C'est à cette occasion que de nombreux Bélarusses ont découvert que, d'une part, ils sont capables de s'auto-organiser, alors que, d'autre part, l'État ne se soucie pas vraiment de leur santé. Ces deux réalisations ont été cruciales pour expliquer la mobilisation ultérieure contre Loukachenko lors de l'élection présidentielle d'août 2020.    

Après la fraude électorale du 9 août et les brutalités policières des semaines suivantes, les médecins se sont retrouvés en première ligne de la lutte contre le régime de Loukashenko. Ils ont été témoins de l'ampleur des tortures et des brutalités policières, des centaines de manifestants ayant dû être hospitalisés. Et ils se sont immédiatement joints aux protestations : avec des rassemblements réguliers devant les hôpitaux, dénonçant la violence d'État et appelant à de nouvelles élections justes.

Tout comme les autres manifestants, beaucoup d'entre eux ont été arrêtés, sévèrement battus, ont perdu leur emploi ou se sont sentis contraint de quitter le pays. Certains d'entre eux - comme Uladzimir, dont l'histoire a été décrite par Voice of Belarus - ont fait face à la répression parce qu'ils ont osé porter assistance aux manifestants blessés. Alexandre Mrotchek - le célèbre cardiologue bélarusse - a été licencié parce que ces employés avaient participé à des manifestations.

Dans de tels cas, ils peuvent compter sur le soutien de la Fondation de solidarité médicale bélarusse nouvellement créée.


Médecins contre la violence au Bélarus (avec sous-titres français)

La confrontation entre les médecins et le régime s'est renforcée après la répression brutale des manifestations à Minsk le 8 novembre.

Un médecin a posté un message sur Facebook : « Ce n'est pas pour cela que depuis le mois de mars nous avons passé nos jours et nos nuits entières dans les hôpitaux afin d'aider les patients atteints du COVID-19. Ensuite ayant libéré les lits de ces patients, nous étions prêts à soigner les cas habituels mais nous nous sommes retrouvés en fin de compte à devoir traiter des centaines de malades avec des traumatismes graves, causés par vos complices, des traumatismes que la plupart des médecins n'ont vus que dans les manuels de chirurgie de guerre ».

Ces dernières semaines, sur une chaîne dédiée du Telegram, des médecins ont divulgué les informations réelles sur des blessures et des cas de décès parmi les manifestants (comme Raman Bondarenko); ainsi que sur les avancées de Covid19 au Bélarus, qui sont apparemment 5 à 10 fois plus élevés que les chiffres officiels. Leur chaîne Telegram a été piratée en début de cette semaine - mais une nouvelle a été créée immédiatement, rassemblant plus de 40,000 abonnés en deux jours seulement.

Les médecins ont aussi lancé cette semaine un ultimatum au gouvernement bélarusse (rapidement signé par plus de 5,000 parmi eux), menaçant de quitter leur emploi en masse dans 30 jours si le climat d'anarchie, de mensonges et de répression contre le peuple prévalait au Bélarus. Les médecins ne peuvent pas simplement se mettre en grève - d'autant plus que les patients en souffriraient dans un tel cas. Mais nombreux sont ceux qui envisagent de démissionner ou de ne travailler que dans le respect total du protocole de sécurité (ce qui équivaudrait à une "grève italienne"). Leurs revendications : arrêt de la violence, enquête sur la violence, et élections libres.  

L'épidémie et les protestations sont également liées de deux autres manières.

Plusieurs médecins sont morts parce qu'ils n'avaient pas d'équipement de protection lors du traitement des patients ayant contracté la maladie de Covid19 ; tous ces cas sont actuellement collectés et analysés par l'opposition. Et puis, le Covid19 s'est répandu dans les prisons et les centres de détention, faisant courir aux détenus un risque accru de contracter le virus, avec un accès très limité (et généralement superficiel) aux traitements médicaux.





Sviatlana Tikhanovskaïa
s'est rendue à Stockholm et à La Haye cette semaine, et a rencontré les premiers ministres Stefan Löfven et Mark Rutte, ainsi que des ministres, des parlementaires et des membres de la diaspora bélarusse dans les deux pays.

Parmi les sujets actuellement débattus dans les cercles de politique étrangère de l'Europe, on peut citer, entre autres:


Hier, les ministres des affaires étrangères de l'UE ont convenu de faire avancer les travaux sur un troisième paquet de sanctions contre le Bélarus. Il devrait être finalisé dans les deux ou trois prochaines semaines et inclure des personnes ainsi que des entités.

Cette semaine également, la Chambre des représentants des États-Unis a approuvé la loi de 2020 sur la démocratie, les droits de l'homme et la souveraineté du Belarus (Belarus Democracy, Human Rights, and Sovereignty Act of 2020). Une fois approuvée par le Sénat américain, elle donnera au président américain le pouvoir d'étendre les sanctions contre les fonctionnaires bélarusses. Ce qui est important, c'est que le Congrès américain a permis d'introduire des sanctions contre les citoyens russes qui aident l'administration Loukachenko au Bélarus.

Nous avons lancé une campagne de crowdfunding pour organiser l’exposition de l'art engagé bélarusse, qui se tiendra du 15 au 27 décembre dans la résidence artistique 59 Rivoli à Paris.

Pour réaliser ce projet, nous avons déjà :

Cependant, les moyens dont dispose actuellement notre association ne sont pas suffisants pour couvrir la totalité des dépenses prévues. C'est pour cette raison que nous avons décidé de nous adresser à vous !

Vous pouvez consulter ici le site web de l'exposition.

Ensemble, nous y parviendrons ! Жыве Беларусь !

“Violences au Bélarus : l'UE envisage des sanctions économiques”, écrit Le Figaro.

“En Biélorussie, la répression s’accroît sur les manifestants”, explique Thomas d’Istria dans Le Monde.

Que se passe-t-il au Bélarus ? Alisa Syrakvash, Frédéric Petit, et Nicolas Tenzer ont participé dans un débat organisé par Direct Citoyens.

Nous vous encourageons également à explorer le site web de Voice of Belarus qui est maintenant disponible aussi en français.

Cette newsletter a été réalisée par Alisa Syrakvash, Lena Zerka. Le design graphique a été exécuté par Fiodar Kuleunich. N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez contribuer ou soutenir notre association !

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