Bélarus : ce que la France peut faire

Bienvenue dans la trente-quatrième édition de la newsletter de la communauté des Bélarusses à Paris.

Dans cette édition:      

Détournement d’un vol de Ryanair

Alors que le monde commençait à oublier le Belarus, le régime de Minsk a rappelé à tous qu'il n'était rien d'autre qu'un État terroriste.

Le Bélarus a envoyé, dimanche 23 mai, un avion de chasse Mig 29 intercepter un avion de ligne à bord duquel se trouvait un militant de l’opposition, comme on peut le lire dans Le Monde. Le média d’opposition Nexta a affirmé que son ancien rédacteur en chef, Roman Protassevitch, avait été arrêté par les services de sécurité, après l’atterrissage d’urgence à l’aéroport de Minsk de ce Boeing 737 de la compagnie Ryanair en provenance d’Athènes (Grèce) et à destination de Vilnius (Lituanie). Sa petite amie, Sofia Sapega, une citoyenne russe, a également été arrêtée.

Cet événement a été immédiatement condamné par la communauté internationale, et ceci plus, ce qui est étonnant, que les tortures, répressions et autres violations des droits humains commises par le régime bélarusse au cours des neuf derniers mois.

La France a qualifié le « détournement » du vol d’« inacceptable ».

« Une réponse ferme et unie des Européens est indispensable », a réagi le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, qui a convoqué dimanche soir au Quai d’Orsay l’ambassadeur de Biélorussie en France, Igor Fissenko.

La France a également suggéré lundi une « interdiction de l’espace aérien » biélorusse, par la voix du secrétaire d’Etat français aux affaires européennes, Clément Beaune, sur la radio RMC. « Je souhaite qu’on le regarde le plus rapidement possible et je pense que ce serait une des mesures raisonnables pour nous protéger », a-t-il dit.

Réunis en sommet à Bruxelles, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE doivent examiner lundi soir de nouvelles sanctions contre le régime de Loukachenko, en réaction à ce détournement, observe Le Monde.

Les ambassadeurs de l’OTAN vont quant à eux se réunir mardi, alors que l’organisation a réclamé l’ouverture d’une « enquête internationale ». L’Organisation de l’Aviation Civile Internationale, organisme rattaché à l’ONU, a elle avancé que l’atterrissage forcé « pourrait être une violation de la convention de Chicago », qui protège la souveraineté de l’espace aérien des nations.

Les mesures possibles incluent ainsi :

Sur cette dernière idée : Le Belarus n'est pas membre de la Cour Pénale Internationale. Mais des précédents existent (par exemple, le Myanmar en 2019), ainsi que des groupes d'experts (par exemple, l'initiative "The Way to the Hague") qui ont passé les neuf derniers mois à travailler sur des moyens pratiques de traduire Loukachenko devant la justice internationale. Nous avons écrit davantage à ce sujet dans l'une des éditions précédentes de la newsletter.

Cependant, deux risques potentiels émergent de la discussion sur les mesures possibles de l'Occident.


Nouvelles persécutions

Tout cela se produit dans le contexte d'une intensification des persécutions contre les détracteurs de Loukachenko à l'intérieur du pays:  

Vendredi prochain (28 mai), nous allons manifester notre solidarité avec Roman Protassevitch et d’autres prisonniers politiques au Belarus.

Rejoignez-nous à 18h à l'Hôtel de Ville de Paris.

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