Bélarus : cacophonie de la part de la diplomatie française

Bienvenue dans la dix-huitième édition de la newsletter de la communauté “Bélarusses à Paris”.

Dans cette édition :

Le 8 décembre, l’Ambassadeur de France, Nicolas de Bouillane de Lacoste – nommé en septembre dernier – a remis la copie figurée de ses lettres de créance au Ministre des Affaires Étrangères bélarusse Vladimir Makei, comme le confirme le site web de l'ambassade. De plus, selon RFE/RL, cette décision française a été prise sans concertation avec ses alliés européens, qui pourtant discutent encore à ce jour de la position à prendre quant à la reconnaissance, ou non, de l’élection d’Alexandre Loukachenko.

Lisez ci-dessous un commentaire exclusif de Romain Le Quiniou, cofondateur de la plateforme Euro Créative, qui suit de près la politique de la France envers le Bélarus.



En parallèle :

Hier soir, la diaspora bélarusse a ouvert les Ambassades du peuple bélarusse dans plus de 10 pays, parmi lesquels la France, l'Allemagne, l'Angleterre, l'Espagne, l'Ukraine, la Russie, la Corée du Sud et la Suède. Cette initiative a été créée par le groupe "Bélarusses de l'étranger" et elle est soutenue par l'équipe de Svetlana Tikhanovskaïa et l'Administration populaire anti-crise de Pavel Latouchko. La vice-présidente du Parlement Européen et un député Européen, Sergey Lagodinsky, ont également prononcé les paroles du soutien au peuple belarusse et salué la création des Ambassades du peuple.

Lors de l'ouverture, Svetlana Tikhanovskaïa a encore une fois souligné l'importance de travail de la diaspora bélarusse et l'a encouragée à continuer de maintenir un lien entre la communauté internationale et le Bélarus Démocratique. Frédéric Petit, le député de l'Assemblée nationale qui soutient le peuple bélarusse dans son combat pour la démocratie depuis le début, a également participé à la cérémonie d'ouverture et exprimé son soutien à cette initiative.

L'objectif des Ambassades du peuple bélarusse est d'être un pôle de représentation du Bélarus Démocratique et de son peuple, qui mène un combat pacifique pour la liberté. Leurs principales fonctions seront :

Nous vous encourageons à consulter le site web des ambassades, qui a été lancé hier.



Autres actualités :



Par Romain Le Quiniou, co-Fondateur de la plateforme Euro Créative, Doctorant en Science Politique à l’Université de Graz et “Fellow” à l’Institut WiseEuropa, Pologne :

L’Ambassadeur de France a remis la copie figurée de ses lettres de créance au Ministre des Affaires Étrangères bélarusse. Communication minimale à ce propos du côté de l’Ambassade de France au Bélarus, silence radio au sein de la diplomatie française...

Il est vrai que la situation peut sembler kafkaïenne puisque la France, dans le même temps, ne reconnaît pas le résultat de l’élection présidentielle et donc la légitimité du Président Loukachenko et de son régime.

La France paie ici incontestablement un amateurisme qu’elle ne semble pas assumer ou qu’elle ne saurait voir. En effet, s’il paraît légitime d’avoir une Ambassade opérante dans un pays qui connaît une crise dramatique, la contradiction entre ses (in)actions et ses déclarations reste problématique.

De même que l’idée farfelue d’un changement d’Ambassadeur dans un pays en pleine crise se doit d’être critiquée. Reste à voir quel sera le rôle de notre Ambassadeur ces prochains mois.

La France est bien évidemment souveraine dans ses décisions diplomatiques, mais nous avons ici, une fois de plus, l’illustration d’une France peu encline au dialogue avec ses partenaires européens à propos des questions de politique étrangère.

Jusqu’à ce jour, il est incontestable que la France n’a pas eu un rôle à la hauteur de ses capacités politiques et diplomatiques face à la crise bélarusse. Pire encore, le soutien apporté aux alliés européens actifs sur la question est resté bien trop discret.

Le Bélarus n’aura finalement reçu l’attention de la diplomatie française qu’à un moment bien particulier, celui de la visite du Président Macron en Lituanie et en Lettonie. L’idée était alors d’utiliser la crise bélarusse – en la couplant à la crise au Nagorno-Karabakh – pour justifier la nécessité d’une reprise du dialogue avec Moscou auprès de ses partenaires baltes et centre-européens. Depuis, la France est restée sur la touche dans le Sud-Caucase et la fenêtre d’opportunité diplomatique s’est refermée.

Si la France ne considère pas le Bélarus comme faisant partie de ses intérêts stratégiques, qu’il en soit ainsi, mais elle doit assumer le fait qu’elle tourne le dos aux « combattants de la liberté » bélarusses.

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Cette newsletter a été réalisée par Alisa Syrakvash, Lena Zerka et Ioanna Kosmas. Le design graphique a été exécuté par Fiodar Kuleunich. N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez contribuer ou soutenir notre association !

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