Il est temps que la communauté internationale agisse

Bienvenues dans la neuvième édition de la newsletter de la communauté Bélarusse de Paris.

Nous sommes honorés de pouvoir compter sur tant d'amis du Bélarus en France dans les moments difficiles que vit aujourd'hui notre pays.

Dans cette édition:

Merci et bonne lecture !

Ce weekend au Bélarus était marqué par une forte violence et l’arrestation arbitraire des manifestants. Débuté ce samedi avec l'arrestation de plus de 50 médecins spécialistes qui protestent chaque samedi contre le régime dictatorial, la répression s'est ensuite abattue sur la traditionnelle marche des femmes (plus de 30 personnes arrêtées), et est arrivée à son apogée ce dimanche, avec plus de 1000 personnes arrêtées en une seule journée.



C'était le 13ème dimanche consécutif de manifestation nationale. La police a clairement changé de tactique (et est devenue extrêmement violente) depuis le remplacement du ministre de l'intérieur il y a dix jours.

Les forces de sécurité ont dispersé les manifestants immédiatement après qu'ils aient tenté de se rassembler. Mais en dépit des détentions, de la présence de la police anti-émeute armée, des rues bloquées, des stations de métro fermées à Minsk et des perturbations de l'internet, les gens ont pu se rassembler et défiler courageusement dans la capitale en colonnes séparées.

En réponse à la violence des forces de l'ordre, et à l'impossibilité pour les manifestants de se réunir en une marche massive, un brainstorming sur le changement de stratégie de la protestation pacifique a été lancé dans les chats locaux et dans les quartiers de plusieurs villes.

La protestation au Bélarus ne s'arrête pas, elle s’adapte.



Autres nouvelles :

Dans une déclaration officielle, La France a appelé le gouvernement bélarus à mettre pleinement en œuvre les recommandations contenues dans le rapport sur les violations des droits de l'homme et les fraudes électorales, constatées lors de l’élection présidentielle du 9 août 2020 au Bélarus.

Ce rapport a été préparé par M. Wolfgang Benedek, expert indépendant, suite au déclenchement du mécanisme de Moscou de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Il a été présenté la semaine derniere aux 57 États participants de l’OSCE, confirmant les allégations de fraude électorale, de violation des libertés de rassemblement et d’expression ainsi que de traitements inhumains et d’actes de torture au Bélarus. Il a relevé également des atteintes à la liberté de la presse et la dégradation de la sécurité des journalistes.

La longue liste de recommandations figurant dans le rapport est conforme aux postulats de l'opposition bélarusse. Elles comprennent 65 recommandations aux autorités bélarusses, telles que :

Le rapport formule également des recommandations à l'intention de la communauté internationale, appelant les pays participants de l'OSCE et les autres pays à ne pas reconnaître les résultats des élections présidentielles, à demander de nouvelles élections présidentielles sous observation internationale, à traduire en justice les auteurs de tortures et de traitements inhumains au sein des forces de sécurité bélarusses ainsi que leurs supérieurs hiérarchiques chaque fois que cela est possible. Il demande également que soit fournie une assistance aux personnes qui ont dû quitter le pays, tant pour leur protection (temporaire) que pour le traitement des blessures et des traumatismes résultant des tortures et des mauvais traitements.

Avec ce rapport, la communauté internationale dispose d'un compte rendu approfondi attestant de la fraude électorale et des violations des droits de l'homme survenues au Bélarus. Consécutivement, il devrait également être plus facile pour les pays de poursuivre une approche cohérente à l'égard du Bélarus, et d'intensifier leur pression sur le régime de Loukashenko.

Par coïncidence, les sanctions personnelles de l'UE ont finalement été imposées vendredi dernier à Aleksandre Loukashenko et à 14 autres membres du régime, à savoir : son fils Victor Loukashenko, Ihar Sergyaenka, Ivan Tertel, Raman Melnik, Ivan Naskevich, Aliaksey Volkau, Siarhei Azemsha, Andrei Smal, Andrei Pauliuchenka, Ihar Buzouski, Natallia Eismant, Siarhei Zubkou, Andrei Raukou, et Pyotr Miklashevich. Les mesures restrictives de l'UE comprennent le gel des fonds et des ressources économiques, ainsi qu'une interdiction de séjour pour l’ensemble de ces gens.

La victoire de Joe Biden à l'élection présidentielle américaine est une autre raison d'espérer une réaction plus ferme de la communauté internationale face à la crise bélarusse. "Aucun dirigeant qui torture son propre peuple ne peut jamais prétendre à la légitimité", a-t-il déclaré il y a deux semaines en référence à Loukashenko. Selon l'ancien ambassadeur des États-Unis au Bélarus, Biden s'exprimera plus ouvertement au nom des manifestants et travaillera plus étroitement avec les alliés européens.

L'opposition bélarusse a l'intention de déposer une plainte auprès de la Cour pénale internationale contre Loukashenko et ses hommes de main, et d'intenter des poursuites en vertu de la juridiction universelle, ce qui permettrait d’envisager par la suite d’autres poursuites pénales contre le régime dans d'autres pays, avec la participation d'Interpol. Elle compte sur le soutien de l'UE et des États-Unis.

#AiderBelarus

Notre diaspora a commencé à organiser une aide pour les réfugiés politiques du Bélarus qui se trouvent dans des camps de réfugiés en Pologne.

Nous collectons principalement des vêtements chauds, des produits alimentaires non périssables, ainsi que des téléphones et des ordinateurs portables (une grande partie des réfugiés sont des étudiants, il y a aussi de nombreux spécialistes en informatique qui ont besoin d'outils de travail).

Notre voiture avec le premier envoi d'aide partira de Paris le vendredi 13 novembre. Les objets seront reçus lundi et mercredi prochains dans un lieu situé dans le 17e arrondissement de Paris. Vous pouvez également effectuer un transfert d'argent pour les Bélarusses qui se trouvent dans le camp près de Torun.

Si vous voulez aider, contactez-nous (belarusenfrance@gmail.com) et nous vous donnerons l'adresse de collecte ou le numéro de compte bancaire.



#YouStrikeWeWork

Entre-temps, les grèves se poursuivent dans plusieurs usines du Bélarus. Voici comment vous pouvez aider nos grévistes.

‘Tous continuent de se mobiliser dans la rue, et ce malgré des sacrifices personnels’, relate Kseniya Halubovich dans son dernier épisode de la Chronique d'une révolution.

‘Entrée en fonction cette semaine, la première centrale nucléaire du Bélarus suscite la crainte de ses voisins’, écrit Nelly Didelot dans la Libération.

Svetlana Tikhanovskaïa veut rencontrer Biden’, remarquent le Monde et AFP.

Nous vous encourageons également à explorer le site web de Voice of Belarus - et en particulier son journal en direct quotidien - qui est maintenant disponible en français.

Cette newsletter a été réalisée par Alisa Syrakvash, Lena Zerka et Anastasiya Trushko. Le design graphique a été exécuté par Fiodar Kuleunich. N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez contribuer, soutenir ou rejoindre notre association !

S’il y a dans votre entourage des personnes susceptibles d’être intéressées par ce qui se passe au Bélarus, nous vous saurions gré de leur faire découvrir notre site où elles trouveront, en bas de la page, un formulaire pour s’abonner à cette newsletter.

Pourquoi cette newsletter ? Elle a été créée dans le but de vous tenir au courant des dernières actualités au sujet du mouvement de protestation et des manifestations au Bélarus, ainsi que des activités de la diaspora bélarusse en France. Par cette initiative, nous souhaitons renforcer les liens entre les amis et les sympathisants du Bélarus en France qui, comme nous, condamnent les violences perpétrées par l’État, soutiennent l’appel pour un nouveau scrutin présidentiel, libre et impartial et qui militent pour la libération de tous les prisonniers politiques.

Nous espérons que cette newsletter vous sera utile. Dans le cas contraire, vous pourrez facilement vous en désabonner à tout moment en suivant le lien tout en bas de la page.

#StandWithBelarus
#AiderBelarus
#YouStrikeWeWork