Preuves terrifiantes de la violence menée par l'État

Bienvenues dans la huitième édition de la newsletter de la communauté Bélarusse de Paris.

Nous sommes honorés de pouvoir compter sur tant d'amis du Bélarus en France dans les moments difficiles que notre pays vit aujourd'hui.

Merci et bonne lecture !

Des données horrifiantes, présumément détenues par le comité d'enquête du Belarus, ont été publiées cette semaine par Mediazona : un média alternatif russe spécialisé dans les questions relatives à la justice et au système pénal.

Les données montrent que le nombre minimum de personnes ayant subi des violences lors des manifestations bélarusses en août et septembre de cette année est de 1,373. C'est le nombre de personnes dont les autorités bélarusses savent clairement qu'elles ont subi des violences de la part des forces de l'ordre.

Mais malgré ces données officielles, les autorités doivent encore enquêter sur ces violences, et pas une seule affaire pénale n'a été ouverte jusqu'à présent.

Au lieu de cela, les autorités bélarusses ont ouvert une enquête pénale sur une "tentative de coup d'État" des membres du Conseil de coordination, mis en place par l'opposition bélarusse - dont beaucoup ont fui le pays ou sont maintenant en état d'arrestation.

Les manifestants ordinaires sont désormais également confrontés à des poursuites pénales (et non plus administratives), comme le rapporte Amnesty International, et risquent jusqu'à trois ans de prison. Selon les défenseurs des droits humains, 435 personnes risquent des poursuites judiciaires en raison de la campagne électorale biélorusse et des manifestations qui en ont découlé.

Dans leur article, Mediazona montre comment les forces de l'ordre bélarusses battent - systématiquement et en toute impunité - les manifestants. Voici quelques-unes des principales conclusions de l'article :

Il s'agit d'un document terrifiant sur la violence menée par l'État qui n'est malheureusement pas encore terminée au Bélarus.

Cela est également confirmé dans le rapport pour l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), publié hier, qui confirme que la torture de manifestants pacifiques au Bélarus était intentionnelle, systématique et généralisée, et donc un crime contre l'humanité.

Autres nouvelles :

Les grèves se poursuivent dans plusieurs usines de Bélarus, et les travailleurs continuent de s'organiser - même si leur action ne prend pas actuellement la forme d'une grève générale ouverte, comme on l'espérait au départ.

Nous vous rappelons de la possibilité de contribuer aux fonds de soutien (comme BySOL, INeedHelpBy, Honest People, BY_Help). Plusieurs centaines de milliers d'euros ont déjà été collectés dans le cadre de l'initiative #YouStrikeWeWork ; mais il faudra beaucoup plus encore pour soutenir la grève.

Hier (5 novembre) était le dernier jour du mandat présidentiel d'Alexandre Loukashenko. A partir d'aujourd'hui, il est un usurpateur qui terrorise le Belarus avec des agents de la police. C'est pourquoi le rassemblement de ce dimanche à Minsk prendra la forme d'un carnaval.

Svetlana Tsikhanovskaïa (cheffe de l'opposition bélarusse réfugiée en Lituanie) est à Vienne depuis hier, pour rencontrer le chancelier Sebastian Kurz et s'entretenir avec l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

#AiderBelarus

Notre diaspora a commencé à organiser une aide pour les réfugiés politiques de Bélarus qui se trouvent dans des camps de réfugiés en Pologne.

Nous collectons principalement des vêtements chauds, des produits alimentaires de longue durée, ainsi que des téléphones et des ordinateurs portables (une grande partie des réfugiés sont des étudiants, il y a aussi de nombreux spécialistes en informatique qui ont besoin d'outils de travail).

Notre voiture avec le premier envoi d'aide partira de Paris le vendredi 13 novembre. Les objets seront reçus lundi et mercredi prochains dans un lieu situé dans le 17e arrondissement de Paris. Vous pouvez également effectuer un transfert d'argent pour les Bélarusses qui se trouvent dans le camp près de Torun.

Si vous voulez aider, contactez-nous (belarusenfrance@gmail.com) et nous vous donnerons l'adresse de collecte ou le numéro de compte bancaire.

‘Licenciements, fermetures administratives et incarcérations: le régime Loukachenko a intensifié ses pressions pour contrer les appels de l’opposition à la grève générale’, rapporte Le Monde

‘Loukachenko durcit encore le ton’, un reportage de Ania Nowak, envoyée spéciale de La Libération à Minsk.

Cette newsletter a été réalisée par Alisa Syrakvash, Lena Zerka et Dasha Trukhan. Le design graphique a été exécuté par Fiodar Kuleunich. N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez contribuer ou soutenir notre association !

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Pourquoi cette newsletter ? Elle a été créée dans le but de vous tenir au courant des dernières actualités au sujet du mouvement de protestation et des manifestations au Bélarus, ainsi que des activités de la diaspora bélarusse en France. Par cette initiative, nous souhaitons renforcer les liens entre les amis et les sympathisants du Bélarus en France qui, comme nous, condamnent les violences perpétrées par l’État, soutiennent l’appel pour un nouvel scrutin présidentiel, libre et impartial, et qui militent pour la libération de tous les prisonniers politiques.

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#StandWithBelarus
#AiderBelarus
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