85ème jour de contestation malgré la violence policière

Bienvenues dans la septième édition de la newsletter de la communauté Bélarusse de Paris.

Nous sommes honorés de pouvoir compter sur tant d'amis du Bélarus en France dans les moments difficiles que vit aujourd'hui notre pays.

Merci et bonne lecture !

Hier (dimanche 1er novembre), une autre manifestation de grande envergure a eu lieu à Minsk. C'était déjà le 85ème jour consécutif de protestations pacifiques contre le président-usurpateur Alexandre Loukachenko, après l'élection truquée du 9 août. Les trois revendications des manifestants : la fin des violences, la libération des prisonniers politiques (plus d'une centaine à ce jour) et la démission du président.



Au lieu de se réunir au centre-ville (comme c'était généralement le cas depuis les 12 week-ends derniers), les manifestants participant à la Marche contre la terreur se sont dirigés vers les bois de Kourapaty : un quartier non loin de Minsk, qui fut le lieu d'exécutions de masse et d'enterrements de personnes réprimées par le NKVD entre 1937 et 1940. Depuis 30 ans, il s’agit du lieu où se tiennent, début novembre, les commémorations informelles des victimes du régime communiste (dont leur nombre est estimé entre 30 000 et 100 000). Coïncidant avec la Toussaint catholique, c'est aussi la période de Dziady où les Bélarusses se rendent sur les tombes de leurs proches pour leur rendre hommage.



Compte tenu de la localisation périphérique de cette manifestation, le nombre de personnes ayant participé à la marche d'hier a été moins élevé que d'habitude (entre 20 000 et 30 000, contre plus de 100 000 la semaine dernière). La police anti-émeute a tenté de les disperser et de les empêcher d’arriver à Kourapaty. Les policiers ont utilisé des grenades assourdissantes contre des manifestants pacifiques, ont pointé des armes sur eux et ont tiré en l'air pour les effrayer. Des hommes non identifiés sont arrivés avec des matraques et ont battu plusieurs participants. Plus de 300 personnes ont été arrêtées (dont au moins 4 journalistes). Néanmoins, les manifestants ont réussi à atteindre les bois de Kourapaty en groupes séparés et à tenir la commémoration prévue des victimes des répressions de l'ère stalinienne.



Entre-temps, les grèves se poursuivent dans plusieurs usines de Bélarus dans le cadre de la grève générale qui a débuté il y a 7 jours.

Nous vous rappelons de la possibilité de contribuer aux fonds de soutien (comme BySOL, INeedHelpBy, Honest People, BY_Help). Plusieurs centaines de milliers d'euros ont déjà été collectés dans le cadre de l'initiative #YouStrikeWeWork ; mais il faudra beaucoup plus encore pour soutenir la grève générale.

S'exprimant lors du Congrès mondial des Bélarusses, Svetlana Tsikhanovskaïa (cheffe de l'opposition bélarusse réfugiée en Lituanie) a déclaré que les autorités sont dans un état de panique, à en juger par leur réaction aux grèves, qui comprend l'expulsion d'étudiants, le licenciement d'enseignants, l'arrestation de travailleurs et la fermeture des frontières pour les étrangers souhaitant entrer au Bélarus. "Ils ont peur de notre persévérance, ils sont désemparés, ils ne comprennent pas pourquoi nous n'avons pas encore arrêté et continuons à manifester pacifiquement", a-t-elle déclaré.

Ce congrès (un premier rassemblement virtuel des Bélarusses du monde entier, abordant plus de 27 sujets de discussion) s’est tenu durant 24 heures ce vendredi et samedi derniers. Le congrès a montré l’union de la diaspora et son travail organisé, rigoureux et engagé pour la liberté du Bélarus en bloc avec leurs compatriotes dans le pays. Les mesures concrètes pour soutenir la transition démocratique au Bélarus, déjà mises en oeuvre, ont été présentées : le travail d’un conseil économique pour la sortie de crise, la collecte de fonds de solidarité, la réhabilitation psychologique et l’offre de soins médicaux dans plusieurs pays d’Europe pour les victimes des tortures et de la répression, le soutien universitaire dans quatre pays européens pour les étudiants expulsés d’universités en raison de leurs opinions politiques, entre autres initiatives citoyennes.

L'une des nouvelles initiatives, présentée par Pavel Latouchko (l'ancien ambassadeur du Bélarus en France), a été la création de la commission de la Gestion Nationale de Crise, dont les objectifs sont d'assurer l’accomplissement pacifique des fonctions du gouvernement illégitime et la stabilisation du système de gouvernance du pays après le transfert de pouvoir. C’est un cabinet de spécialistes dans les principales sphères de gestions du pays, agissant en pleine collaboration avec Svetlana Tsikhanovskaïa et le Conseil de Coordination.

Dans une interview au Financial Times, publiée hier, Tsikhanovskaïa a fait appel à l'UE pour imposer des sanctions au Comité olympique bélarusse (dirigé par Loukachenko), permettre aux Bélarusses de voyager sans visa dans l'UE et étendre les sanctions personnelles en ciblant "les personnes et les entreprises qui soutiennent Luka".

Nous avons une nouvelle date pour l'exposition d’art engagé bélarusse « Belarus. Protest. Art » qui se tiendra du 14 au 28 décembre 2020 au 59 rue Rivoli.

Il faut espérer que le confinement sera terminé d'ici là !

"Une manifestation dispersée près d’un lieu symbolique pour l’opposition", écrit Le Monde à propos de la Marche contre le terreur d'hier.

Dans le nouveau chapitre de sa Chronique d'une révolution, Kseniya Halubovich suit la grève générale au Bélarus.

Dans Libération, le profil de l'ambassadeur du Bélarus en Argentine qui n’a pas reconnu Loukashenko comme président légitime est présenté.

Cette newsletter a été réalisée par Alisa Syrakvash, Lena Zerka et Sara Madrigal. Le design graphique a été exécuté par Fiodar Kuleunich. N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez contribuer ou soutenir notre association !

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