Anastasia Rydlevskaya

Anastasija Sergéevna Rydlevskаja, née en 1995, Minsk, Bélarus. Artiste-peintre · Participation au Salon d'Automne 2020 · Participation aux expositions collectives variées biélorusses, 2019-2020 · Exposition personnelle "Les songes" dans la galerie " ДК" (DK), juillet 2020 · L'exposition personnelle "Embrasse-moi, j’ai peur" est en cours dans le café «Место» (Mesto) depuis 1er octobre et se poursuivra jusqu'au 1er décembre 2020 ; l'exposition est consacrée à l'actualité biélorusse (bélarusse ?) des derniers mois. Les œuvres créées après le 9 août 2020 peuvent être vues comme un acte de psychothérapie, une tentative de traverser l'expérience traumatique et la surmonter. C’est un effort pour comprendre la nouvelle réalité, un effort de survie. L’artiste peint les chroniques quotidiennes des émotions créant un projet intense et personnel reflétant la douleur commune de chaque bélarusse. Étant donné que la violence incessante du régime renouvèle les traumatismes constamment, la créativité devient le seul moyen pour l'auteur de survivre à l’horreur indescriptible, de ne pas abandonner l’espoir et de continuer à croire, car la plupart des peintures portent la foi dans le meilleur et dans la force du peuple bélarusse.

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Anastasia Rydlavskaya sketchbook

Les œuvres ont été transportées, dissimulées dans un carnet de croquis spécialement conçus pour ce but. « La peur est si grande, comme si nous vivions dans un camp de concentration. Tu ne sais pas pour quelle raison on peut t’emprisonner, te tabasser ou engager contre toi une procédure pénale. Notre pays est en faillite juridique. C’est une faillite absolue, aucun droit de l'homme n'est respecté. Les criminels sont au pouvoir, et ce n'est pas une figure de style. Je ne peux pas me protéger, je ne peux pas protéger mes proches. Je suis incroyablement effrayée chaque seconde de mon existence. J'avais peur pour les œuvres, j'avais peur que je ne puisse pas les emporter, que le contenu ne leur plaise pas et qu'ils ne les laissent pas sortir, ou pire qu'ils les confisquent, ou pire encore, qu'ils m'arrêtent. Ce n'est pas de la paranoïa. Dans les circonstances actuelles, absolument tout est possible. Mon ami a été emprisonné pendant huit jours pour le seul fait d’être sorti de la maison. Rien ne les empêche de trouver un prétexte dans les peintures qui disent la vérité. Comme la loi ne fonctionne pas ici, et que leurs exigences sont absurdes, j'ai dû réfléchir à tous les scénarios potentiels. C’est pour ça que j’ai collé mes œuvres dans le carnet et j'ai prétendu que ce n'était qu'un carnet de croquis. »